Analyse · Données COR 2024
3 248 €
par foyer fiscal, chaque année, pour financer des retraites hors cotisations

Ce n'est pas dans votre fiche de paie. C'est dans vos impôts.

134,8 milliards d'euros arrivent chaque année dans les caisses de retraite sans passer par les cotisations. Ce choix a 40 ans. Il n'a jamais été soumis à débat.

134,8 Md€hors cotisations / an
34,9 %des ressources retraite
88 %du déficit public 2025
Acte I · L'héritage de 1982

En 1982, c'était tenable.
En 2024, ça ne l'est plus.

La retraite à 60 ans a été votée avec 4 actifs pour 1 retraité. Aujourd'hui il y en a 1,7. Rocard l'avait prédit en 1991. Personne n'a agi.

En 1982 · réforme Mitterrand 4,0
actifs pour 1 retraité
Système soutenable — retraite à 60 ans finançable
En 2024 · aujourd'hui 1,7
actifs pour 1 retraité
−57 % en 42 ans
Michel Rocard · Livre Blanc sur les retraites · 1991

« À l'horizon 2040, le ratio ne dépassera pas 1,4. Ce constat impose d'engager dès maintenant les adaptations nécessaires. »

Commissariat général du Plan, 1991. Les projections étaient exactes. Personne n'a agi.
Ratio actifs / retraités — France, 1960–2050
COR 2024 · DREES · INSEE · Tirets = projection scénario central
5,1 actifs en 1960 → 1,7 en 2024 → 1,28 en 2050. La trajectoire n'a jamais dévié des projections de 1991.

Sources : COR rapports annuels · DREES · INSEE projections 2021.

Acte II · Ce qu'on peut faire

Le besoin est de 134,8 Md€/an.
Voici ce que chaque réforme change.

Déplacez les curseurs, activez les leviers. Vous voyez en temps réel l'économie générée — et ce que cela coûte à qui.

Actuel
Modéré 20 %
Ambitieux 29 %
Maximum 43 %
Horizon 30 ans
Paramètres de réforme
Référence : 64 ans · 43 ans de cotisation
Âge de départ
64 ans= actuel
Chaque année supplémentaire ≈ 5 Md€ · Espérance de retraite : 20 ans à 64 ans
Actuel 64
64656667686970
Durée de cotisation
43 ans= actuel
Chaque année supplémentaire ≈ 2 Md€ · 43 ans requis aujourd'hui
Actuel 43
434445464748
Progression vers l'équilibre

Aucune réforme — 134,8 Md€ reste à financer hors cotisations.

0 % du besoin couvert
Plafond 15 ans
Plafond 30 ans
0 %25 %50 %75 %100 % ✓
25 % atteints. L'effet d'une réforme de l'âge seule. C'est un début — mais un quart du chemin seulement.
50 % — la moitié du chemin. Une combinaison de leviers fonctionne. C'est ce que l'Allemagne a réalisé entre 2001 et 2010.
75 % — une réforme historique. La Suède l'a fait en 15 ans. C'est atteignable.
43 % — c'est le plafond réalisable en 15 ans. Une transformation historique. Jamais réalisé en France. Il restera 57 % à financer — mais le système serait fondamentalement assaini.
54 % avec l'épargne individuelle sur 30 ans. La prochaine génération hériterait d'un système transformé.
Économie annuelle 0 Md€ situation actuelle
Allègement par foyer fiscal si redistribué en baisse d'impôts
Contrepartie pour l'actif Activez des réformes pour voir ce que ça coûte à l'actif.
⚠ Simulation illustrative — COR 2024 · Eurostat/DARES · DREES · DSS PLFSS 2025 · INSEE 2023
Acte III · Ce que nos voisins ont fait

Même vieillissement. Résultats opposés.

Depuis les années 1990, nos voisins ont réformé structurellement. La France a ajusté les paramètres. Les chiffres racontent la divergence.

14,4 %France · 2022+2,3 pts depuis 2000. 1er rang UE ex-aequo avec l'Italie.
10,2 %Allemagne · 2022Stabilisé après Riester (2001) + recul à 67 ans. Emploi seniors : 63 %.
8,3 %Suède · 2022Réforme NDC 1994–98. Trajectoire descendante depuis 25 ans.
Et si la France avait réformé comme la Suède en 1998 ?
Simulation contrefactuelle — base commune 1998 : 12,5 % du PIB pour les deux pays
→ En 2022 : ≈ 10,4 % du PIB au lieu de 14,4 % — soit ≈ 104 Md€ de moins par an.

Zone grisée = dépenses évitables. En 2022 : ≈ 4 pts de PIB = ≈ 104 Md€/an. Simulation illustrative — Eurostat, OCDE.

🇸🇪
Suède · 1994–1998
Capitalisation notionnelle
Dépenses : 8–9 % du PIB
🇩🇪
Allemagne · 2001–2007
Riester + âge à 67 ans
Emploi seniors : 37 % → 63 %
🇳🇱
Pays-Bas · continu
Fonds de pension obligatoires
Dépenses publiques : 7 % du PIB
🇫🇷
France · 2003–2023
Réformes paramétriques
12 % → 14,4 % du PIB
Ce que ça démontre
Les pays qui ont agi dans les années 1990 ont découplé le vieillissement de la dépense.
La France a vieilli au même rythme. Ce qui a divergé, c'est la réponse. Résultat : 100 à 150 Md€ de dépenses supplémentaires par an par rapport à ses voisins réformateurs. Ce n'est pas une fatalité. C'était un choix.
Acte IV · Ce qu'on doit décider

Trois questions.
Pas de réponse technique.

Ces questions ne sont pas économiques. Elles sont politiques. Le simulateur donne les chiffres — la réponse appartient aux citoyens.

01
Acceptez-vous de financer les retraites par l'impôt — à condition qu'on vous le dise ?
→ Si oui : fixons un plafond voté démocratiquement. Si non : quelle réforme, et qui paie l'ajustement ?
02
Qui doit supporter l'effort — les actifs, les retraités, ou les générations futures ?
→ Il n'existe pas d'option sans perdant identifiable. C'est la question politique centrale — pas le bon âge ou le bon taux.
03
Êtes-vous prêts à engager des réformes dont vous ne verrez pas les effets ?
→ L'Allemagne l'a fait en 2001. La Suède en 1994. Ce n'est pas une question économique. C'est une question de courage politique.
Ce que cela impose de conclure
En 1991, Rocard avait tout prévu.
En 2024, le constat est identique. Ce qui manque, ce n'est pas l'information.
Le Livre Blanc de 1991 avait raison sur tout. Trente ans plus tard, le diagnostic est le même — avec 134,8 Md€ de besoin annuel. Nos voisins qui ont agi dès les années 1990 ont stabilisé leur trajectoire. La France a attendu. Ce n'est pas une fatalité. C'est un choix — que des citoyens informés peuvent refuser de répéter.

"En 1991, Rocard avait tout prévu. Le ratio est exactement là où les projections le plaçaient. Ce n'était pas un mystère — c'était un choix."

COR 2024 · OCDE · Eurostat · Livre Blanc 1991